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Lot 114 - Numismatic Auction 8

Starting price:
100.000,00 CHF


Louis XIII, 1610-1643. 8 Louis d’or 1640 A, Paris. Av. LVD XIII D G FR ET NAV REX. Tête laurée à droite. Rv. CHRISTVS REGNAT VINCIT ET IMPERAT. Huit L disposés en croix, couronnés et cantonnés de fleurs de lis. Gad. 61; Dr. 14 A. Or. 53,68 g. De la plus grande rareté.
TTB traces de nettoyage

Louis XIII was born on September 27, 1601 at the Château de Fontainebleau. He was the son of Henry IV and Marie de Medicis. He ascended the throne of France at the age of nine, following the assassination of his father and due to his young age, his mother Marie de Medicis, exercised the regency. In 1615 he married Anne of Austria. Suffering from the humiliation of being controlled by regency despite his adult age, Louis XIII had Concini, the head of the government and also the Queen’s favorite, assassinated. The queen mother was sent into exile to Blois in April 1617. During the early years of his reign, the king handled the situation of the Protestants by engaging in numerous conflicts against protestant safe havens (Pau, La Rochelle, Montauban), and worked to repeal the Edict of Nantes proclaimed by his father in 1598. In 1624, the Edict of Grace of Alès deprives the Protestants of their political guarantees (rights to assemble) and military (safe havens). Under the influence of Richelieu, he endeavors to subdue the great nobles (Lorraine), but is later dragged into several European wars against the House of Habsburg (Franco-Spanish war, Thirty Year War). The coinage of Louis XIII is marked by the desire to standardize the gold and silver coins. Richelieu’s wish is to create a series of multiples of the Louis d’Or gold coin to compete with Spain, now rich from its gold resources in South America. The decision is made to create coins up to four times heavier than the Spanish “pieza de a ocho” (Piece of Eight). In 1640, Finance Minister, Claude de Bullion launches a monetary reform aimed at stabilizing the economy and rivaling the Spaniards and the English: the Louis d’Or is born. Jean Warin is in charge of engraving these new types, and realizes some exceptional types of four, eight and even a ten Louis piece. These pieces are struck with a screw press, the most sophisticated technique at that time, but much less used than the hammer strike. Warin presented some rare specimens of these multiples types to the Royal Court to highlight the quality of this revolutionary technology. Having never been intended for circulation, and representing a considerable value, these coins were reserved for the favorite courtiers and princes of the court, mounted in jewelry as pendants and employed at the King’s playing table. On the obverse, the King’s laureled head in large format, surrounded by the legend: LVD XIII D G FR ET NAV REX / 1640; Louis XIII, by the grace of God, King of France and of Navarre. On the reverse, a cross formed of four pairs of crowned overlapped “L’s”, fleurs-de-lis in quarters, the “A” Paris mintmark in center. Around, the legend CHRISTVS REGNAT VINCIT ET IMPERAT: Christ reigns, conquers and commands. Denticles on both sides; reeded edge. This piece marks an exceptional moment in French numismatics. The new screw press technique makes it possible to create a reeded edge, a protection against trimming. This coinage dated 1640, inaugurates the Louis d’Or, which would be the money of reference until the Revolution. And above all, its unusual dimensions make it an ostentatious object of refined luxury, coveted yesterday by the illustrious of the Royal Court, and today by the illustrious of Numismatics.

Louis XIII naît le 27 septembre 1601 au château de Fontainebleau. Il est le fils de Henri IV et de Marie de Médicis. Il accède au trône de France à l’âge de neuf ans, suite à l’assassinat de son père, de sorte que sa mère, Marie de Médicis, exerce la régence. En 1615, il épouse Anne d’Autriche. Souffrant de l’humiliation de la régence alors qu’il est majeur, Louis XIII fait assassiner Concini, chef du gouvernement, le favori de la reine mère, laquelle est envoyée en exil à Blois en avril 1617. Lors des premières années de son règne, le roi attaque la question protestante en engageant de nombreux conflits à Pau, La Rochelle, Montauban : places de sûreté protestantes, et il s’efforce d’abroger l’édit de Nantes proclamé par son père en 1598. En 1624, l’édit de grâce d’Alès prive les protestants de leurs garanties politiques (assemblées) et militaires (places de sûreté). Sous l’influence de Richelieu, il s’efforce de mater les grands seigneurs (Lorraine), puis il est entraîné dans plusieurs guerres européennes contre la maison de Habsbourg (guerre franco-espagnole, guerre de Trente ans). Le monnayage de Louis XIII est marqué par la volonté de standardiser les frappes d’or et d’argent. La série des multiples du Louis d’or est voulue par Richelieu pour concurrencer l’Espagne, riche de ses ressources aurifaires d’Amérique du sud. La décision est prise de créer des monnaies jusqu’à quatre fois plus lourdes que les pieza de a ocho 2. En 1640, le ministre des finances Claude de Bullion 3 met en place une réforme monétaire ayant pour but de stabiliser l’économie et de rivaliser avec les Espagnols et les Anglais : le Louis d’or est né. Jean Warin est chargé de la gravure de ces nouvelles espèces, et réalise quelques exceptionnels multiples de quatre, huit et même dix Louis 4. Ces pièces sont frappées au balancier, technique la plus sophistiquée de l’époque, mais encore minoritaire par rapport à la frappe au marteau. Warin présente les rares exemplaires de ces multiples aux Grands de la cour, pour mettre en valeur la qualité de cette technologie révolutionnaire. N’ayant jamais été destinées à la circulation et représentant une valeur considérable 5, ces monnaies sont employées à la table de jeu du roi ou montées en pendentif ; elles sont réservées aux courtisans favoris et aux princes de la cour. À l’avers, une large tête laurée du roi est entourée de la légende LVD XIII D G FR ET NAV REX / 1640 ; Louis XIII, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre. Au revers, une croix formée de quatre paires de « L » adossées et couronnées, est cantonnée de fleurs de lis, avec la lettre « A » de l’atelier de Paris en son coeur. Autour, la légende CHRISTVS REGNAT VINCIT ET IMPERAT : le Christ règne, vainc et commande. Grènetis 6 sur les deux faces ; la tranche est striée. Cette pièce marque un moment exceptionnel dans la numismatique française. La nouvelle technique du balancier permet de la doter d’une tranche striée, protection contre le rognage 7. L’émission de 1640 inaugure les Louis d’or qui seront la monnaie de référence jusqu’à la Révolution. Et surtout, ses dimensions hors normes en font un objet ostentatoire, convoité hier par les Grands de la cour, et aujourd’hui par les Grands de la Numismatique.

1 Pendant la première moitié du XVIIe siècle, l’empire des Habsbourg encercle la France (Espagne, Pays-Bas, Autriche, Naples) et son armée est alimentée par les quantités colossales de métaux précieux du Nouveau Monde.
2 La huit Escudos espagnole est alors la monnaie d’or de référence ; elle pèse 26,9 grammes, alors que dix Louis accuse plus de 67 grammes pour 48 millimètres de diamètre. Du point de vue numismatique, la frappe des huit Escudos est alors presque toujours négligée (hormis par l’atelier de Ségovie). F. Calicó, X. Calicó y J. Trigo, Numismatica Española 1774 a 1994, Barcelone, 1994, p. 241-243.
3 La réforme de Claude de Bullion encourage également les placements refuges, d’où le mot bullion en anglais pour les monnaies d’investissement.
4 Frédéric Droulers, Répertoire des monnaies de Louis XIII à Louis XVI, La Rochelle, 2012, p. 30-33.
5 Huit Louis valent quatre-vingts livres, soit trois ans de salaire d’un officier de chambre au service d’un prince de la cour.
6 « Cordon perlé de petits points ou grains en relief de formes et tailles diverses, placé sur le pourtour d’une face de monnaie... » ; Michel Amandry (dir.), Dictionnaire de Numismatique, Paris, Larousse,

2006, p. 261. Le grènetis peut également protéger de l’usure le relief de la pièce.
7 « Rogner : Action de gratter, de limer ou de cisailler le pourtour d’une monnaie sur une profondeur plus ou moins grande afin de récupérer un peu de métal. » ; ibidem, p. 500.

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